7 374 initiatives dans 188 pays pour le 10/10/10 de 350.org

Publié le par Alda

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Anne Sota, de l'équipe d'animation des campagnes mondiales du 350.org


Ce dimanche 10/10/10,
plus d’un millier de personnes a défilé malgré une pluie battante

dans les rues du Village Alternatiba
organisé par Bizi! dans le Petit Bayonne.

350.org est une campagne mondiale dédiée à la construction d’un mouvement qui mobiliserait le monde autour de solutions à la crise climatique, des solutions que la justice impose.

Afin de mieux connaître cette ONG climatique, une des organisatrices du 10-10-10, journée internationale  de mobilisation pour le climat, Alda! a interviewé Anne Sota, une animatrice des campagnes mondiales de 350.org.

 

Le campagnes 350.org sont considérées comme innovantes, originales et efficaces et apportant une bouffée d'oxygène dans le milieu militant et dans le grand public. A quoi est dû cela ?

 

Notre campagne du type 10/10/10 est une "open source campaign". Cela signifie que : 

  • Notre outil de base est internet et les moyens sociaux qu'offre Internet (facebook, twitter, blogging…). Nous avons du matériel concernant  350ppm(*)à la disposition de tous.
  • Cette campagne s'adresse à tous les  secteurs de la société: agriculture, sports, groupes religieux (en Asie par exemple), transports, éducations, etc.
  • Nous essayons de communiquer dans toutes les langues possibles, et cela peut se faire parce que nous disposons d'un réseau dans presque tous les pays.
  • Elle ne cherche à entrer en compétition avec aucune autre ONG, association ou groupe. C'est un mouvement où tous ceux et toutes celles qui veulent travailler à la construction d'un chemin vers 350 ppmsont les bienvenu(e)s.

C'est un mouvement de base : depuis la société, nous voulons créer un sentiment d'urgence face à la pire menace que l'humanité doit affronter à cause du caractère irréversible du réchauffement global, ainsi qu’un sentiment de possibilité. D'où l'importance d'entreprendre une action immédiate, et de n'importe quel recoin du monde, de chaque secteur de la société.

Nous travaillons également depuis "en haut", en faisant pression lors des négociations sur le climat. En effet, 350 est présente dans presque toutes les réunions importantes de l'ONU. À Copenhague, nous avons reçu le soutien de 117 pays qui maintenant défendent

l'objectif de 350 ppm et de 1,5 Cº.

 

C'est une campagne globale grâce à la somme de tous les efforts locaux. Chaque organisateur, chaque groupe est libre de travailler selon son contexte et en fonction de ce qui peut le mieux s'adapter à sa réalité et à sa problématique locale. Basiquement, ce que 350.org  apporte c'est le concept de créer un mouvement climatique global. Au cours de l'histoire, nous avons eu des mouvements pour les droits de la femme, les droits humains aux USA avec Martin Luther King, etc. mais jusqu'à maintenant il n'y a pas eu un mouvement d'union face au réchauffement global, et c'est ce que nécessite la planète actuellement.

 

Dans "Un militant, moi ?", Jim Hansen, dirigeant du Goddard Institute de la NASA depuis 1981 et considéré comme le plus grand climatologue actuel, écrit ."Ainsi j’ai écrit au premier ministre pour lui indiquer que la Norvège, actionnaire majoritaire de la compagnie StatOil, devait arrêter leurs projets de schistes bitumineux au Canada. J’ai reçu une réponse polie du ministre délégué au Pétrole et à l’Energie. La position du gouvernement c’est que les projetsde schistes bitumineux relèvent des choix commerciaux de l’entreprise et non du gouvernement et que le Parlement est  majoritairement d’accord sur ce point. Le ministre délégué concluait ainsi sa lettre :  «Je vous assure cependant que nous allons continuer à tenir une position très ferme sur les changements climatiques, que ce soit en Norvège ou à l’international» L’attitude du gouvernement norvégien est une dramatique confirmation de la situation actuelle : même le pays le plus respectueux de l’environnement trouve trop dérangeant de faire face à la réalité des faits scientifiques sur le climat." Quelles sont les pistes à explorer pour surmonter ces paradoxes ?

 

Je n'ai pas "la" réponse à cela, étant donné que c'est un peu le défi que nous avons tous. Ce qui est réellement important, c'est de continuer à créer un mouvement qui fasse pression sans relâche depuis le "bas" et qu'il soit connu dans toute la société. De cette façon, le message d'urgence et de nécessité d'action doit parvenir à tous les secteurs. La société doit connaître la réalité puisque c'est elle qui élira ensuite ses représentants politiques. La réalité, même si cela peut déranger les politiciens, est que nous ne pouvons pas négocier avec la physique ou la chimie, nous ne pouvons pas attendre que l'objectif 350 soit politiquement envisageable ou non. Il faut adapter notre système politique et économique à une réalité physique, à savoir la menace d'atteindre un point de non retour, un point irréversible. À travers ce mouvement, nous voulons élever la voix, les personnes et le climat doivent être la priorité dans toutes les politiques.

Grâce au travail en Pologne et à Copenhague on a obtenu que 350 soit au centre des débats, où on a reçu le soutien de 117 nations qui appuient ce mouvement. Cela constitue un mouvement "bidirectionnel":

  • d'une part, le travail avec la société,  
  • de l'autre, en exerçant une influence sur les différentes politiques.

Nous croyons que cette influence sur les politiques peut se faire avec un mouvement social global qui doit être fort et solide.

C'est là notre plus grand défi. Il faut faire passer le message que nous, citoyens, nous avons le pouvoir de faire changer le cours des choses, et cela d'autant plus que la vie de tant de personnes est en jeu !

 

(*)Le nombre 350 est important, puisque, en parties par million, celui-ci constitue le seuil limite de CO2 dans l’atmosphère toléré par notre planète, selon l’avis des scientifiques. Pourtant, 350 n’est pas qu’un nombre il est aussi le symbole de la direction dans laquelle nous devons guider notre planète.   

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