Mondialisation

Publié le par Alda


Jakes Bortayrou



Est-il raisonnable de s’opposer
à cette mondialisation ?



Les caractéristiques principales du capitalisme dans sa phase actuelle dite néo-libérale sont une globalisation de l'activité économique quasi-totale sous hégémonie américaine, l'ouverture de nouveaux espaces à la valorisation du capital appelée "marchandisation", une captation accrue par les détenteurs du capital des richesses produites et une libéralisation débridée des échanges, notamment financiers comme vecteur de ces nouveaux développements.

Convergence de secteurs, classes, pays et peuples dominés
En offrant une vision beaucoup plus claire des interdépendances entre pays et phénomènes socio-économiques, cette globalisation crée des conditions objectives autant que subjectives de convergence nouvelles pour les secteurs, classes, pays et peuples dominés. La marchandisation de pans toujours plus larges de l'activité humaine favorise la constitution de nouveaux acteurs sociaux et la confluence de problématiques sectorielles.

Urgente nécessité de voies alternatives
La captation des richesses de façon toujours plus évidente par une minorité et le creusement des inégalités renforcent un sentiment d'injustice flagrante et de perversité du système. La libéralisation débridée des échanges financiers entraînent des crises à répétition et dévoile l'inanité du credo idéologique néo-libéral. Parallèlement les crises alimentaire, énergétique, climatique et en définitive sociale montrent l'urgente nécessité de voies alternatives.

Confluence objective de luttes diverses
Les luttes de résistances au capitalisme ou les mouvements sociaux divers ne datent pas d'hier. Mais ce qui à la fin des années 90 va donner sens à ce qu'on appelle aujourd'hui le mouvement altermondialiste ce sont la confluence objective de luttes diverses, l'identification d'adversaires, l'OMC, le FMI, la Banque Mondiale ou le G8 et la définition de revendications et d'enjeux mondiaux comme l'AMI, la dette du Tiers-monde, la guerre en Irak et bien d'autres. Le mouvement d'abord nommé principalement par ses détracteurs, "no global" ou anti-mondialisation va rapidement se définir par lui-même, "global justice" ou altermondialiste.

Déterminisme ou autonomie des acteurs
Entre déterminisme et autonomie des acteurs, le débat ne date pas d'aujourd'hui. En matière de mouvements sociaux il faut se garder de toute vision mécaniste. Ce sont bien les hommes et les femmes qui font leur histoire mais à chaque fois à partir de conditions spécifiques données sur lesquelles ils et elles vont tenter d'agir. De même que dans le passé il a créé les conditions d'émergence du mouvement ouvrier, le capitalisme dans sa phase néo-libérale actuelle crée ainsi des conditions favorables à l'émergence du mouvement altermondialiste. Ni plus, ni moins. Tout le reste, le désir de changement, les analyses, les convergences, les formes organisationnelles, les stratégies, les batailles et les victoires sont à inventer. Défi passionnant autant que vertigineux !

A quoi sert le mouvement alter ?
Comme tout mouvement social il sert à dénoncer, à bloquer ou freiner puis à imposer des alternatives.
Dénoncer en premier lieu car avant toute mobilisation sociale il faut que s'impose l'idée que l'état des choses existant n'est ni acceptable, ni immuable. Cette idée partagée transforme des individus en acteurs collectifs.
Ensuite freiner ou bloquer la logique du système ou quelques uns de ses projets par la mobilisation, la pression sur les décideurs, les rapports de forces.
Imposer des alternatives enfin, étape la plus difficile car il faut en même temps définir des perspectives (aménagement, dépassement ou rupture avec le capitalisme), inventer, expérimenter (donc se tromper), construire des rapports de forces, déjouer la grande capacité d'adaptation et de récupération du système.
Nous en sommes là aujourd'hui. Rien n'est certain mais le champ des possibles est largement ouvert et le besoin d'alternatives plus urgent que jamais.
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