Être abertzale et membre dun syndicat français

par Michel Elgoyhen
Je suis agent EDF depuis 36 ans et j'ai travaillé 9 ans en dehors du Pays Basque, tout d'abord à l'école EDF de Sainte Tulle dans les Alpes de Haute Provence, 5 ans dans la région parisienne puis 3 ans à Agen. Depuis 3 ans, je travaille à Pau suite une mutation en raison de la mutualisation d'un service.
J'ai adhéré à la CGT en 1972 et je ne l'ai plus quittée.
Avant tout, je voudrais signifier la différence fondamentale que je fais entre abertzalisme (qui se limite à un parti politique) et syndicalisme. Le rôle d'un parti abertzale est de défendre le quotidien au Pays Basque (et à ce niveau, il y a de quoi faire !!) alors que le rôle d'un syndicat est la défense des intérêts des salariés.
J'ai adhéré à un parti abertzale de gauche dans lequel je ne me suis finalement pas retrouvé du fait qu'il ne représentait pas mes idées souvent en phase avec celles du Parti Communiste actuel (sauf en ce qui concerne les particularismes). Je suis abertzale dans le sens où je défends le droit à l'autodétermination du peuple basque dans le cadre de l'Europe des régions et la reconnaissance d'une langue et d'une culture qui sont les miennes. C'est pourquoi je ne peux et ne veux adhérer à un parti politique "français".
Pourquoi la CGT ?
èLorsque j'étais élève au LEP d'Oloron, j'ai été influencé par les évènements de l'époque (à savoir la défense de la sécurité sociale, des nationalisations, des retraites, des salaires… mai 68 plus largement) et le rôle qu'a joué la CGT dans la défense de nos droits.
èA mes yeux, au sein d' EDF, c'est le seul syndicat qui défend notre statut de plus en plus attaqué et même menacé. LAB n'est pas représenté au niveau de l'entreprise alors que la CGT représente à peu près 55% des salariés. En fait la section syndicale "Pays Basque" d'EDF regroupe les Landes et le Béarn, ce qui rendrait l’action d’un syndicat abertzale encore plus difficle. D'autre part, la division des voix au niveau des élections d'EDF favoriserait d'autres syndicat que la CGT qui regroupe un certain nombre d'abertzale à EDF.
èL'entreprise EDF étant présente au niveau national, pour être efficace, l'action syndicale doit utiliser des structures nationales comme la CGT.
èPlus de 34 ans dans le même syndicat permettent d'avoir un réseau, une écoute et d'être efficace dans ses actions. Ces dernières années, c’est surtout l’efficacité de nos actions qui est primordiale.
èEn règle générale, la CGT est le syndicat qui correspond à mes idées et qui répond à mes attentes.
èAu sein du syndicat, j'ai milité au niveau du comité d'entreprise et j'ai été élu dans une section qui organisait entre autres les activités pour les agents retraités, etc.
èJe retrouve dans la CGT la défense du service public "à la française" qui est un exemple pour toute l'Europe et même au-delà mais qui malheureusement tend à disparaître avec l'Europe technocratique en place.
EDF, CGT et le Pays Basque
Les politiques de mobilité interne d’EDF ont fait que de nombreuses personnes venues de l’extérieur du Pays Basque sont en poste à EDF Pays Basque. Ces personnes ont finalement continué à travailler ici et on pourrait dire qu’il y a plus de basques au Centre EDF de Pau qu’à Bayonne. La particularité “basque” est donc très peu présente dans le quotidien d’EDF et dans la vie syndicale aussi.
Cependant, le renouvellement de struture ou le changement de génération semble laisser plus de place pour le fait basque, même si les abertzale restent toujours très minoritaires.