Le syndicalisme, une école pour la démocratie (*)
Eclairages sur le syndicalisme, en vue de la conférence du 27 juin, 19h00, à la Fondation MRA
De la réaction, au projet de société, rôle et importance des syndicats
Pour préparer la conférence sur "Le Pouvoir Syndical dans l'économie mondiale", Alda! consacrera deux articles au thème du syndicalisme.
Cette semaine, nous utiliserons quelques éléments tirés de l'entretien d'Alda! avec le syndicaliste de la CGT Daniel Romestan pour présenter :
*le rôle et l'importance clé (dans l’histoire de l'hexagone).des Syndicats en général et de la CGT en particulier
* la spécificité du syndicat CGT notamment au Pays Basque.
La semaine prochaine nous publierons une interview de Christian Lévesque et de Gregor Murray, deux chercheurs québécois qui participeront à la conférence exceptionnelle, sur le syndicalisme et la mondialisation, le 27 juin 2007 à la Fondation Manu Robles-Arangiz à Bayonne.
Le syndicalisme, ou la défense des intérêts communs des salariés relève en quelque sorte du droit du travail. Comme le cadre d'application des règles qui régissent le travail demeure largement national au sens des états constitués le champ d'application géographique du droit justifie historiquement la structuration du mouvement syndical en organisations nationales.
Pour mieux comprendre le rôle des syndicats dans l’hexagone, nous effectuerons une brève analys historique.
1791: La Loi Le Chapelier interdictit aux ouvriers (très peu nombreux aux débuts de la révolution industrielle) et aux patrons de s'organiser pour la défense de “prétendus intérêts communs”. Voulant favoriser la concurrence saine et éviter les ententes illicites sur les prix, cette loi a eu pour conséquence l’interdiction des syndicats et du droit de grève.
Ainsi, syndicats de patrons et d'ouvriers sont interdits… ils s'organisent de façon clandestine sous la forme de compagnonnage (société secrètes regroupés par professions) ainsi que de sociétés de secours (créés à l'occasion de grands conflits pour faire face au risque de se retrouver à la rue).
1864 : La Loi Ollivier abolit le délit de coalition et instaure le droit de grève.
1884 : La loi du radical Waldeck-Rousseau régularise les syndicats ouvriers.
1891 : Le Pape publie le Rerum Novarum, qui est le texte inaugural de la doctrine sociale de l'Église catholique. Cette encyclique condamne “la misère frappant la classe ouvrière” tout autant que “le socialisme athée”. .Ainsi, l'Eglise catholique reconnaît les droits des ouvriers et cautionne le développement pour un mouvement social.
1895 : Naissance de la Confédération Générale du Travail (CGT) via la confédération de nombreuses fédérations syndicales (du livre, des cheminots, etc.).
Au niveau du Pays Basque Nord, les travailleurs s’organisaient localement et par branche de métier :
* à Hasparren (pour la chaussure),
* à Biarritz (pour l’Hôtellerie et la restauration, les Concierges d'immeubles et les Femmes de ménage…).
1906 : Charte d'Amiens : adoptée en congrès, donne au syndicalisme confédéral de la CGT quelques uns de ses traits spécifiques : la lutte des classes, la lutte quotidienne pour des améliorations immédiates mais aussi la lutte pour la disparition du salariat et du patronat, ainsi que son indépendance vis-à-vis des organisations politiques.
1919 : 321 syndicats chrétiens se réclamant de l’encyclique créent la CFTC (la Confédération Française des Travail-leurs Chrétiens).
1936 : Grèves énormes et occupations d'usines. Grandes manifestations syndicales aboutissant à l’élection d'un gouvernement de gauche. Signature des Accords de Matignon, entre la CGT et le Patronat. Vote des lois sociales sur l'extension des Conventions collectives, l'institution de délégués d'atelier, le relèvement des salaires, 15 jours de congés payés et la semaine des 40 heures.
1944 : Naissance de la Confédération Générale des Cadres (CGC), syndicat catégoriel (pour les cadres, c’est à dire les salariés ayant des délégations de pouvoir et des responsabilités d'encadrement) dans le secteur privé et public).
1947 : Créatiion de Force Ouvrière, (FO) héritière de la branche réformiste de la CGT (tiraillée entre une tendance réformiste et une tendance révolutionnaire puis communiste).
1964 : une majorité de la CFTC menée par le groupe «Reconstruction» décide la déconfessionalisation et le choix de la lutte des classes pour donner naissance à la Confédération Française Démocratique du Travail (CFDT,
Par ce survol historique nous découvrons les cinq confédérations syndicales qui bénéficient d'une présomption incontestable de représentativité sur le plan national. Cette représentativité est déterminée en fonction des critères d’effectifs, d’indépendance, de cotisations, d’expérience et d’ancienneté du syndicat et de l’attitude patriotique pendant l’Occupation.
Confédération Syndicale Internationale
4 de ces confédérations font partie de la Confédération Syndicale Internationale (CSI) créée en novembre 2006 :
*CFDT avec ses 807 000 membres
*CFTC avec ses 140 000 membres
*CGT avec ses 711 000 membres
*FO avec ses 800 000 membres.
Force d’un mouvement :
Comme nous l’a mentionné Daniel Romestan, pour évaluer la force d’un mouvement syndical il faut considérer 3 critères.
1/Le nombre d’adhérents.
2/ La capacité de mobilisation.
3/ Les résultats dans les différentes élections syndicales (Comités d’Entreprises, Prud’homales, et chez les fonctionnaires et les collectivités territoriales).
Caractéristiques et rôles :
CGT : elle vise l’organisation de l'ensemble des salariés (quelque soit leur statut professionnel, leur philosophie, opinion politique, etc.)… Selon la CGT, la force des salariés est le fait qu'ils peuvent bloquer la production et créer un rapport de force qui peut être un plus pour la négociation. En effet, quoi qu'il en soit il y aura un antagonisme entre les intérêts des employés et du patronat, ou, au niveau national, contre le gouvernement. Enfin, le mode de fonctionnement caractéristique de la CGT dans les mobilisations fait qu’elle donne son avis et que ce son les salariés qui décident et approuvent.
CFDT : toute issue favorable lors d’une négociation sera le résultat de la qualité du dossier présenté. La CFDT est considérée comme un syndicat de service (protection juridique, mise en place d'équipe de négociation, etc).et une organisation incontournable (présente via ses présidences à l'Unedic, aux Assedic, aux Caisses Primaires d’Assurance Maladie, etc. ).
CGC : comme dans certaines entreprises il y a moins d’ouvrier que d’ingénieurs et de cadres, la pression sur la masse salariale se fait aussi via ces derniers. La CGC effectue donc une défense catégorielle avec l'approche négociée.
FO : syndicat lié à la Fonction Publique et à la défense des acquis et du statut….
“Au niveau local”
La CGT s’est battue (dans le cas de Ruwel) pour la reconversion et la diversification en faisant intervenir les différents acteurs. Cette approche permet de maintenir un certain nombre d’emplois là où d'autres formes de syndicalisme baissent les bras en disant qu'on ne peut s'opposer à ce genre de fermeture.
Enfin, Daniel Romestan nous précise que la lutte pour une indemnité de licenciement doit être le dernier recours.
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(*) “Plus que jamais, le syndicalisme est aussi une école pour la démocratie!” . Extrait de l’interview de Lévesque et Murray à paraître dans Alda! (la semaine prochaine).