De la vie associative à la Commission Municipale
|
De la vie associative à la commission municipale
La fonction d'élu municipal exige, tout comme l'activité associative,
le don de son temps pour œuvrer en faveur de la collectivité.
Vivant à Saint-Pierre d'Irube depuis l'âge de 6 ans, enseignante au Lycée Ravel de Saint-Jean-de-Luz et très engagée dans la vie associative de Saint-Pierre, qu'est-ce qui vous a poussée à vous engager encore plus dans la vie municipale et à devenir adjoint au maire ?
J'ai toujours été membre active de différentes associations. Dans les années 80 et 90 j'ai fait partie de deux associations culturelles de Saint-Pierre. En tant que secrétaire de l'asso-ciation "Uhaina" j'ai suivi de près les animations que nous organisions : danse, carnaval, olentzero, cours de basque de l'AEK donnés dans nos locaux deux fois par semaine, etc. J'ai aussi été membre de l'association "Aturri Ondo" qui organise des week-ends culturels sur le canton… A l'époque on avait même organisé une Semaine Kabyle et une Semaine Berbère.
Mon implication dans la vie associative m'a permis de voir que leur activité à la longue a une influence beaucoup plus grande que ce que l'on aperçoit à première vue. En effet, ces deux associations, issues d'une initiative impulsée par des abertzale, ont animé la vie culturelle basque à Saint-Pierre d'Irube et font maintenant partie des grandes associations de Saint-Pierre… ou en quelque sorte du patrimoine de la Ville ! Le rôle d'une association est donc primordial dans une ville ou un village.
Enfin, en tant que parent d'élève de l'ikastola Oihana, je me suis aussi impliquée dans la Commission des Fêtes de l'ikastola.
Le monde associatif m'a appris depuis longtemps à organiser et à donner mon temps "libre" pour les activités liées à la vie en collectivité… En fait, il me semble que le travail dans le milieu associatif est une très bonne expérience pour se préparer à la vie d'élue !
D'autre part, de sensibilité abertzale, je ne me suis jamais engagée dans un parti politique. Aux élections de 1995 je faisais partie de la liste d'ouverture menée par Alain Iriart et qui est restée dans l'opposition. N'étant pas dans un poste éligible j'ai participé de temps en temps (entre 1995 et 2001) aux réunions de l'équipe de l'opposition.
En 2001, Alain Iriart m'a proposé d'être en position éligible dans sa liste d'ouverture et plurielle.
Je pense que j'ai naturellement accepté de m'engager pour les motifs suivants :
*J'ai eu un tête à tête avec Alain (comme la plupart des membres de la liste) et cela m'a permis de mieux connaître les grandes lignes du projet municipal prévu (tout en y apportant des idées nouvelles issues de mon expérience), de découvrir le bilan et l'expérience tirée de 6 années d'opposition.
*La proximité et la connaissance entre la tête de liste et les autres membres (pour ma part, j'avais eu l'occasion de travailler avec Alain au sein de diverses associations…),
*L'ouverture et la diversité de la liste :
adu point de vue de l'expérience des membres (dans la vie associative ou les activités en lien avec le public…)
adu point de vue de la répartition géographique de ses membres (tous les quartiers de Saint-Pierre étaient représentés).
Quels sont les éléments de la campagne de 2001 qui vous ont le plus marqués ?
En 2001 on a fait le choix d'une campagne de terrain : le message devait passer via le "porte à porte" ! Pour cela on avait organisé des réunions publiques dans les différents quartiers de Saint-Pierre d'Irube. A chacune de ces réunions les membres de la liste se présentaient (surtout ceux du quartier), la tête de liste présentait le projet global et enfin une séance de questions/réponses était organisée.
Cette campagne a été une réussite à deux niveaux :
*l'ancien maire avait enchaîné près de 6 mandats… et le travail sur le terrain a apporté une bouffée d'oxygène.
*l'équipe s'est fait connaître des habitants de Saint-Pierre d'Irube, mais surtout, les questions/réponses ont permis de mieux connaître la préoccupation des habitants de Saint Pierre et de savoir comment notre projet était perçu par ces derniers.
On dit d'un(e) militant(e) qu'il ou elle "cherche par l'action à faire triompher ses idées", qu'il ou elle "défend activement une cause ou une personne ". Une fois élue… que devient la militante ?
La militante élue a de nouveaux outils pour faire avancer sa cause qui a été présentée à la population dans le programme municipal de sa liste. Pour ma part, je suis devenue adjoint au maire chargée des animations socio-culturelles. Je suis en charge de la mise en place et de la réalisation des propositions concernant les animations socio-culturelles de notre programme municipal.
Pour officialiser l'implication de la mairie dans l'animation socio-culturelle, j'ai créé une "Commission extra-municipale" composée d'élus et de non-élus. C'est une Mission d'Action Culturelle (MAC) qui a pour principal objectif de sensibiliser et conscientiser les habitants de Saint-Pierre sur l'éco-citoyenneté (les thèmes liés à l'environnement, à la santé, etc.).
Pour mieux comprendre le rôle de la MAC il faut noter qu'il y a près de 50 animations par an qui sont proposées par les associations culturelles, sportives, artistiques et sociales de Saint-Pierre. La Mairie n'a pas voulu en créer une de plus, mais prendre en charge des thèmes qui ne sont pas aussi présents dans le milieu associatif. Ainsi nous avons réussi à organiser des animations originales qui de par le fait qu'elles étaient organisées par la Commission Extra-Municipale ont pu toucher un très grand nombre de citoyens :
*La Semaine du Goût : des Petits-Déjeuners équilibrés ont été offerts dans toutes les écoles (publiques, privées et ikastola) de Saint-Pierre et une conférence pour les adultes sur le thème "mieux manger pour mieux vivre".
*Participation active à la Journée du Patrimoine : plusieurs expositions ont été mises en place à la Benoîterie…
*La Semaine du Dévelopement Durable : qui a permis de sensibiliser tous les élèves scolarisés sur la commune à l'importance d'un tri bien fait. Pour cela dans chaque classe deux élèves sont devenus des référents pour bien trier les déchets.
Enfin, d'autres animations conviviales sont mises en place par la commission culture : tamborrada des fêtes, fêtes bisannuelles des associations, cinéma en plein air...
Comme je l'ai mentionné, le militantisme dans le milieu associatif se caractérise par le don de son temps… c'est aussi une caractéristique du travail d'élu. Il faut savoir s'impliquer et consacrer beaucoup de temps pour faire avancer les différents projets. D'autre part, le fait d'être responsable d'une activité municipale permet à l'activité qu'on met en avant d'avoir le "statut d'un service public" c'est-à-dire celui d'une activité destinée à satisfaire un besoin d'intérêt général. Ainsi grâce au statut de la Commission Extra-Municipale on touche beaucoup plus de personnes avec nos projets. N'est-ce pas là l'idéal pour tout militant ?!
Concernant la langue et la culture basque sur Saint-Pierre d'Irube, quelles ont été les changements concrets depuis 2001 ?
La municipalité a mis dans ses routines des opérations qui ont pour but de faire vivre et apparaître la langue et la culture basque dans un environnement peu favorable à la diffusion de l'euskara :
*création de l'ikastola maternelle en 2002 et primaire en 2005 !
*depuis 2006 une crèche bilingue 'Xitoak' a ouvert ses portes à Saint-Pierre d'Irube.
*signalisation systématique bilingue des bâtiments publics et voiries.
*éditorial bilingue du maire dans le bulletin municipal trimestriel.
*invitations émises de la mairie bilingues.
*interventions bilingues dans les radios et TV.
*convention avec Euskal Konfederazioa et maintenant GIP.
*participation active au passage de la Korrika dans la commune !
*traduction bilingues des informations (affiches, légendes) qui accompagnent les expositions à la Benoîterie.
*on essaie de trouver des intervenants externes qui animent les activités de la Mission d'Action Culturelle bascophones pour que l'enseignement bilingue et l'ikastola puissent en profiter.
J'ai toujours été membre active de différentes associations. Dans les années 80 et 90 j'ai fait partie de deux associations culturelles de Saint-Pierre. En tant que secrétaire de l'asso-ciation "Uhaina" j'ai suivi de près les animations que nous organisions : danse, carnaval, olentzero, cours de basque de l'AEK donnés dans nos locaux deux fois par semaine, etc. J'ai aussi été membre de l'association "Aturri Ondo" qui organise des week-ends culturels sur le canton… A l'époque on avait même organisé une Semaine Kabyle et une Semaine Berbère.
Mon implication dans la vie associative m'a permis de voir que leur activité à la longue a une influence beaucoup plus grande que ce que l'on aperçoit à première vue. En effet, ces deux associations, issues d'une initiative impulsée par des abertzale, ont animé la vie culturelle basque à Saint-Pierre d'Irube et font maintenant partie des grandes associations de Saint-Pierre… ou en quelque sorte du patrimoine de la Ville ! Le rôle d'une association est donc primordial dans une ville ou un village.
Enfin, en tant que parent d'élève de l'ikastola Oihana, je me suis aussi impliquée dans la Commission des Fêtes de l'ikastola.
Le monde associatif m'a appris depuis longtemps à organiser et à donner mon temps "libre" pour les activités liées à la vie en collectivité… En fait, il me semble que le travail dans le milieu associatif est une très bonne expérience pour se préparer à la vie d'élue !
D'autre part, de sensibilité abertzale, je ne me suis jamais engagée dans un parti politique. Aux élections de 1995 je faisais partie de la liste d'ouverture menée par Alain Iriart et qui est restée dans l'opposition. N'étant pas dans un poste éligible j'ai participé de temps en temps (entre 1995 et 2001) aux réunions de l'équipe de l'opposition.
En 2001, Alain Iriart m'a proposé d'être en position éligible dans sa liste d'ouverture et plurielle.
Je pense que j'ai naturellement accepté de m'engager pour les motifs suivants :
*J'ai eu un tête à tête avec Alain (comme la plupart des membres de la liste) et cela m'a permis de mieux connaître les grandes lignes du projet municipal prévu (tout en y apportant des idées nouvelles issues de mon expérience), de découvrir le bilan et l'expérience tirée de 6 années d'opposition.
*La proximité et la connaissance entre la tête de liste et les autres membres (pour ma part, j'avais eu l'occasion de travailler avec Alain au sein de diverses associations…),
*L'ouverture et la diversité de la liste :
adu point de vue de l'expérience des membres (dans la vie associative ou les activités en lien avec le public…)
adu point de vue de la répartition géographique de ses membres (tous les quartiers de Saint-Pierre étaient représentés).
Quels sont les éléments de la campagne de 2001 qui vous ont le plus marqués ?
En 2001 on a fait le choix d'une campagne de terrain : le message devait passer via le "porte à porte" ! Pour cela on avait organisé des réunions publiques dans les différents quartiers de Saint-Pierre d'Irube. A chacune de ces réunions les membres de la liste se présentaient (surtout ceux du quartier), la tête de liste présentait le projet global et enfin une séance de questions/réponses était organisée.
Cette campagne a été une réussite à deux niveaux :
*l'ancien maire avait enchaîné près de 6 mandats… et le travail sur le terrain a apporté une bouffée d'oxygène.
*l'équipe s'est fait connaître des habitants de Saint-Pierre d'Irube, mais surtout, les questions/réponses ont permis de mieux connaître la préoccupation des habitants de Saint Pierre et de savoir comment notre projet était perçu par ces derniers.
On dit d'un(e) militant(e) qu'il ou elle "cherche par l'action à faire triompher ses idées", qu'il ou elle "défend activement une cause ou une personne ". Une fois élue… que devient la militante ?
La militante élue a de nouveaux outils pour faire avancer sa cause qui a été présentée à la population dans le programme municipal de sa liste. Pour ma part, je suis devenue adjoint au maire chargée des animations socio-culturelles. Je suis en charge de la mise en place et de la réalisation des propositions concernant les animations socio-culturelles de notre programme municipal.
Pour officialiser l'implication de la mairie dans l'animation socio-culturelle, j'ai créé une "Commission extra-municipale" composée d'élus et de non-élus. C'est une Mission d'Action Culturelle (MAC) qui a pour principal objectif de sensibiliser et conscientiser les habitants de Saint-Pierre sur l'éco-citoyenneté (les thèmes liés à l'environnement, à la santé, etc.).
Pour mieux comprendre le rôle de la MAC il faut noter qu'il y a près de 50 animations par an qui sont proposées par les associations culturelles, sportives, artistiques et sociales de Saint-Pierre. La Mairie n'a pas voulu en créer une de plus, mais prendre en charge des thèmes qui ne sont pas aussi présents dans le milieu associatif. Ainsi nous avons réussi à organiser des animations originales qui de par le fait qu'elles étaient organisées par la Commission Extra-Municipale ont pu toucher un très grand nombre de citoyens :
*La Semaine du Goût : des Petits-Déjeuners équilibrés ont été offerts dans toutes les écoles (publiques, privées et ikastola) de Saint-Pierre et une conférence pour les adultes sur le thème "mieux manger pour mieux vivre".
*Participation active à la Journée du Patrimoine : plusieurs expositions ont été mises en place à la Benoîterie…
*La Semaine du Dévelopement Durable : qui a permis de sensibiliser tous les élèves scolarisés sur la commune à l'importance d'un tri bien fait. Pour cela dans chaque classe deux élèves sont devenus des référents pour bien trier les déchets.
Enfin, d'autres animations conviviales sont mises en place par la commission culture : tamborrada des fêtes, fêtes bisannuelles des associations, cinéma en plein air...
Comme je l'ai mentionné, le militantisme dans le milieu associatif se caractérise par le don de son temps… c'est aussi une caractéristique du travail d'élu. Il faut savoir s'impliquer et consacrer beaucoup de temps pour faire avancer les différents projets. D'autre part, le fait d'être responsable d'une activité municipale permet à l'activité qu'on met en avant d'avoir le "statut d'un service public" c'est-à-dire celui d'une activité destinée à satisfaire un besoin d'intérêt général. Ainsi grâce au statut de la Commission Extra-Municipale on touche beaucoup plus de personnes avec nos projets. N'est-ce pas là l'idéal pour tout militant ?!
Concernant la langue et la culture basque sur Saint-Pierre d'Irube, quelles ont été les changements concrets depuis 2001 ?
La municipalité a mis dans ses routines des opérations qui ont pour but de faire vivre et apparaître la langue et la culture basque dans un environnement peu favorable à la diffusion de l'euskara :
*création de l'ikastola maternelle en 2002 et primaire en 2005 !
*depuis 2006 une crèche bilingue 'Xitoak' a ouvert ses portes à Saint-Pierre d'Irube.
*signalisation systématique bilingue des bâtiments publics et voiries.
*éditorial bilingue du maire dans le bulletin municipal trimestriel.
*invitations émises de la mairie bilingues.
*interventions bilingues dans les radios et TV.
*convention avec Euskal Konfederazioa et maintenant GIP.
*participation active au passage de la Korrika dans la commune !
*traduction bilingues des informations (affiches, légendes) qui accompagnent les expositions à la Benoîterie.
*on essaie de trouver des intervenants externes qui animent les activités de la Mission d'Action Culturelle bascophones pour que l'enseignement bilingue et l'ikastola puissent en profiter.
Publicité