Le vivre ensemble
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Cela passe par le maintien de l’indispensable lien de confiance
avec les bénéficiaires du Service Social
avec les bénéficiaires du Service Social
Alda! a rencontré différents acteurs du Service Social travaillant avec la jeunesse pour connaître les formes que peuvent prendre sur le terrain des actions de solidarité et prévention, et découvrir les conséquences et les choix que ces actions impliquent au niveau des budgets des collectivités locales.
Les entretiens ici synthétisés permettront de découvrir des outils de connaissance des problématiques sociales et urbaines qui aident les acteurs locaux à agir pour le développement de territoires concernés.
Quelques données chiffrées
En 2007, 291 millions d'euros ont été consacrés à la Solidarité par le Département des Pyrénées-Atlantiques. Cela veut dire que 46,4% du budget total du département a été consacré au RMI/RMA (9,3% du budget), à l'allocation personnalisée d'autonomie (8,6%), aux maisons de retraite, au financement de diverses associations oeuvrant dans le domaine social, etc.
Un droit pour les personnes démunies
Tout d'abord, notons que le Service Social Départemental est devenu Maison de la Solidarité. Cette nouvelle dénomination a un avantage certain au niveau de la communication mais efface la notion de Service Social qui a toujours existé et est indispensable. En effet, le terme Solidarité n'est pas aussi fort que le Service Social qui est un droit pour les personnes démunies, en difficultés et ayant besoin d'aide !
Politique gouvernementale… et locale.
Le Département des Pyrénées-Atlantiques et les grandes villes, comme Bayonne, ont été des unités pilotes pour la mise en pratique des politiques sociales prévues par la Loi sur la Prévention de la délinquance du Ministre de l'intérieur de l'époque… Nicolas Sarkozy.
Cette loi lie le social et la justice en mettant l'accent sur la répression plus que sur la prévention.
A titre d'exemple on peut mentionner le cas du secret professionnel. Celui-ci enjoint les assistantes sociales de ne divulguer aucun renseignement concernant leur activité et permet de créer un lien de confiance entre la population en difficulté et ce corps de métier. Actuellement, elle laisse place de plus en plus à la notion de secret partagé, permettant, entre professionnels, l’échange des informations soumises au secret professionnel. La mission des assistantes sociales étant de protéger les enfants, de lutter contre la précarité, de suivre la population au RMI, le partage d'information avec d'autres intervenants (maire, police, justice, etc.) n'ayant pas la même mission n'est pas de très bon augure pour le maintien de l'indispensable lien de confiance avec les usagers ou bénéficiaires du service social.
Il existe un réel danger que la nécessité de contrôle et la garantie de l'ordre public viennent perturber la mission de service social des assistants sociaux… Il est à craindre que les personnes en difficultés (sans papier, travaillant au noir, usagers de la drogue, etc.) ne s’adressent plus aux travailleurs sociaux, assimilés à des professionnels dont les fonctions seraient de sanctionner.
Collaboration des différents acteurs sociaux.
Les Contrats Urbains de Cohésion Sociale (CUCS) sont un nouveau cadre contractuel de la politique de la ville en faveur des quartiers en difficulté. D’une durée de 3 ans reconductibles, les CUCS sont proposés aux villes et aux établissements publics de coopération intercommunale compétents en la matière. Enfin, les CUCS ont bénéficié pour 2007 d'une enveloppe globale de près de 400 millions d'euros pour l’hexagone.
Concrètement les CUCS réunissent tous les acteurs sociaux sur les thématiques suivantes :
* Habitat et Cadre de vie : réhabilitation de la ZUP pour Bayonne.
* Emploi et Développement économique : installation de la maison de l'emploi dans le quartier prioritaire pour la politique de la ville.
* Réussite éducative et égalité des chances : faire le lien entre l'école, les parents, élèves en difficultés, etc.
* Citoyenneté et prévention délinquance : Cette thématique reste à être présentée de manière concrète à la population, car comme la précédente, elle vient étrangement rappeler, le projet de loi de prévention de la délinquance, contre lequel nombre travailleurs sociaux et enseignants se sont mobilisés. Dans ce projet on retrouve un volet “Contrat de parentalité“ qui impose des stages de parentalités et des amendes, aux parents dont les enfants présentent des difficultés (comportements, résultats scolaires, absentéisme scolaire …). Proposés comme des instances de soutien, ces moyens de repérer nominativement les enfants et leurs parents, selon certains critères, peuvent avoir comme conséquences la stigmatisation, voire la pénalisation.
* Santé et accès aux soins : sachant que l'accès au soin est un droit, la Sécurité Sociale et l'hôpital doivent normalement répondre à ce besoin…Pour prendre le cas ce l'accès aux soins, cette mesure semble être une "décentralisation" d'une fonction de l'Etat où on voit mal les collectivités locales jouer le rôle de mutuelles …
Diagnostic en quelques chiffres
Dans le cas de l'illustration ci-dessous, on voit les critères (taux de chômage, de non-diplômés, nombre de familles mono-parentales, etc.) qui sont évalués pour connaître la situation ou le profil du territoire visé.
Réelle prévention
Selon les intervenants on peut trouver une définition de la prévention qui varie.
Chez les acteurs sociaux, la prévention c'est faire qu'il y ait une bonne école… ce n'est pas se contenter de dire qu'il ne faut pas boire ou fumer…
Pour le pouvoir, la prévention c'est éviter le désordre, que ça bouge et que le "grain de sable" empêche la machine de fonctionner…
Le travailleur social propose ainsi un point d'appui, suggère des pistes et directions à prendre pour éviter que la souffrance soit trop forte ou que la personne entre dans un comportement de survie, une attitude non constructive (comme la casse). Ainsi, il aide ceux qui n'ont pas leur place ou la cherchent…
Rôle clé de la culture au sens large
En fait, la réelle prévention passe par la culture au sens large : par l'école, les associations, la musique, le sport, etc. Cette culture est l'apprentissage du monde et la possibilité de trouver sa place dans le monde. La culture permet une compréhension de l'espace où l'on vit et dans lequel on s'efforce non pas de réussir sa vie, mais de la réaliser, en ayant les moyens de faire des choix et en respectant l'autre, qui n'est pas un concurrent ou un ennemi
Le pouvoir en place ou le système économique en place ne valorise pas cette créativité et cette participation ! Ainsi les jeunes, appelés casseurs, n'ont pas eu d'outil pour savoir quelle place occuper dans ce monde… si ce n'est le rôle de consommateur… Ils sont des cibles par rapport à la publicité et n'existent souvent qu'en consommant. Or, faute de moyens financiers, ils sont exclus de la consommation et la violence sur l'objet (la voiture, la vitrine, ces symboles de la consommation)… illustre bien la colère d'être empêchés d'avoir, alors qu' il leur est dit que c'est la seule manière d'être. C'est pour cela que la culture apporte énormément car elle structure l'individu en donnant des valeurs et en lui dévoilant sa propre valeur…
Enfin la prévention c'est aussi, respecter les parents, car l'humiliation et la honte sont sources de violence et les enfants se donnent souvent pour mission de "réparer" leurs parents... Quel espace donne-t-on aux parents malades, sans emplois, ou étrangers ? Comment sétonner que leurs enfants ne sachent pas comment et où éxister ?
Se relier au monde
Etre solidaire c'est se relier au monde, cela veut dire autant aux humains qu'à la nature ou à notre environnement… L'exclusion est une arme du pouvoir, qui permet d'écarter celui qui gène le fonctionnement établi et c'est un moyen de détruire toutes ses possibilités d'action sur le système, en niant tous ses droits (logement santé éducation,…). Le fait d'être présent sans à priori et sans porter de jugement, de regarder l'autre comme un être humain en reconnaissant la souffrance de celui qui est toujours considéré comme coupable… c'est aussi une forme de solidarité.
En fait, la solidarité c'est vouloir le plus de bonheur possible pour le plus grand nombre. Or les politiques actuelles du gouvernement vont vers le chacun pour soi. Chacun doit trouver sa solution… ce qui affaibli le lien social. Du chacun pour soi ou des peurs on passe au repli, à l'absence du lien social et de solidarité… Cela ne donne plus l'occasion de faire naître une réflexion collective. L'ambiance générale est à la culpabilisation, on cultive la honte et criminalise toute la population fragile, laissée en marge… on arrive même à casser la solidarité au sein même de la cellule familiale. Les enfants pouvant parfois eux-mêmes "rejeter" sur leur parent les a priori de la société …
Certes, investir sur la jeunesse en difficulté est un pari plus difficile pour les pouvoirs publics : on prévoit plus difficilement les résultats que dans les financements pour le troisième âge… Mais il faut tout faire pour maintenir les liens ou une passerelle/ouverture entre cette population en difficulté et le reste de la société.
Permettre à ces jeunes de vivre au sein de la société, est risqué pour le politique, qui n'ayant plus l'opportunité de sanctionner leurs exactions, sera dans l'obligation de les considérer comme des interlocuteurs. Si les anciens sont les messagers de notre histoire, les jeunes en sont porteurs et
Les entretiens ici synthétisés permettront de découvrir des outils de connaissance des problématiques sociales et urbaines qui aident les acteurs locaux à agir pour le développement de territoires concernés.
Quelques données chiffrées
En 2007, 291 millions d'euros ont été consacrés à la Solidarité par le Département des Pyrénées-Atlantiques. Cela veut dire que 46,4% du budget total du département a été consacré au RMI/RMA (9,3% du budget), à l'allocation personnalisée d'autonomie (8,6%), aux maisons de retraite, au financement de diverses associations oeuvrant dans le domaine social, etc.
Un droit pour les personnes démunies
Tout d'abord, notons que le Service Social Départemental est devenu Maison de la Solidarité. Cette nouvelle dénomination a un avantage certain au niveau de la communication mais efface la notion de Service Social qui a toujours existé et est indispensable. En effet, le terme Solidarité n'est pas aussi fort que le Service Social qui est un droit pour les personnes démunies, en difficultés et ayant besoin d'aide !
Politique gouvernementale… et locale.
Le Département des Pyrénées-Atlantiques et les grandes villes, comme Bayonne, ont été des unités pilotes pour la mise en pratique des politiques sociales prévues par la Loi sur la Prévention de la délinquance du Ministre de l'intérieur de l'époque… Nicolas Sarkozy.
Cette loi lie le social et la justice en mettant l'accent sur la répression plus que sur la prévention.
A titre d'exemple on peut mentionner le cas du secret professionnel. Celui-ci enjoint les assistantes sociales de ne divulguer aucun renseignement concernant leur activité et permet de créer un lien de confiance entre la population en difficulté et ce corps de métier. Actuellement, elle laisse place de plus en plus à la notion de secret partagé, permettant, entre professionnels, l’échange des informations soumises au secret professionnel. La mission des assistantes sociales étant de protéger les enfants, de lutter contre la précarité, de suivre la population au RMI, le partage d'information avec d'autres intervenants (maire, police, justice, etc.) n'ayant pas la même mission n'est pas de très bon augure pour le maintien de l'indispensable lien de confiance avec les usagers ou bénéficiaires du service social.
Il existe un réel danger que la nécessité de contrôle et la garantie de l'ordre public viennent perturber la mission de service social des assistants sociaux… Il est à craindre que les personnes en difficultés (sans papier, travaillant au noir, usagers de la drogue, etc.) ne s’adressent plus aux travailleurs sociaux, assimilés à des professionnels dont les fonctions seraient de sanctionner.
Collaboration des différents acteurs sociaux.
Les Contrats Urbains de Cohésion Sociale (CUCS) sont un nouveau cadre contractuel de la politique de la ville en faveur des quartiers en difficulté. D’une durée de 3 ans reconductibles, les CUCS sont proposés aux villes et aux établissements publics de coopération intercommunale compétents en la matière. Enfin, les CUCS ont bénéficié pour 2007 d'une enveloppe globale de près de 400 millions d'euros pour l’hexagone.
Concrètement les CUCS réunissent tous les acteurs sociaux sur les thématiques suivantes :
* Habitat et Cadre de vie : réhabilitation de la ZUP pour Bayonne.
* Emploi et Développement économique : installation de la maison de l'emploi dans le quartier prioritaire pour la politique de la ville.
* Réussite éducative et égalité des chances : faire le lien entre l'école, les parents, élèves en difficultés, etc.
* Citoyenneté et prévention délinquance : Cette thématique reste à être présentée de manière concrète à la population, car comme la précédente, elle vient étrangement rappeler, le projet de loi de prévention de la délinquance, contre lequel nombre travailleurs sociaux et enseignants se sont mobilisés. Dans ce projet on retrouve un volet “Contrat de parentalité“ qui impose des stages de parentalités et des amendes, aux parents dont les enfants présentent des difficultés (comportements, résultats scolaires, absentéisme scolaire …). Proposés comme des instances de soutien, ces moyens de repérer nominativement les enfants et leurs parents, selon certains critères, peuvent avoir comme conséquences la stigmatisation, voire la pénalisation.
* Santé et accès aux soins : sachant que l'accès au soin est un droit, la Sécurité Sociale et l'hôpital doivent normalement répondre à ce besoin…Pour prendre le cas ce l'accès aux soins, cette mesure semble être une "décentralisation" d'une fonction de l'Etat où on voit mal les collectivités locales jouer le rôle de mutuelles …
Diagnostic en quelques chiffres
Dans le cas de l'illustration ci-dessous, on voit les critères (taux de chômage, de non-diplômés, nombre de familles mono-parentales, etc.) qui sont évalués pour connaître la situation ou le profil du territoire visé.
Réelle prévention
Selon les intervenants on peut trouver une définition de la prévention qui varie.
Chez les acteurs sociaux, la prévention c'est faire qu'il y ait une bonne école… ce n'est pas se contenter de dire qu'il ne faut pas boire ou fumer…
Pour le pouvoir, la prévention c'est éviter le désordre, que ça bouge et que le "grain de sable" empêche la machine de fonctionner…
Le travailleur social propose ainsi un point d'appui, suggère des pistes et directions à prendre pour éviter que la souffrance soit trop forte ou que la personne entre dans un comportement de survie, une attitude non constructive (comme la casse). Ainsi, il aide ceux qui n'ont pas leur place ou la cherchent…
Rôle clé de la culture au sens large
En fait, la réelle prévention passe par la culture au sens large : par l'école, les associations, la musique, le sport, etc. Cette culture est l'apprentissage du monde et la possibilité de trouver sa place dans le monde. La culture permet une compréhension de l'espace où l'on vit et dans lequel on s'efforce non pas de réussir sa vie, mais de la réaliser, en ayant les moyens de faire des choix et en respectant l'autre, qui n'est pas un concurrent ou un ennemi
Le pouvoir en place ou le système économique en place ne valorise pas cette créativité et cette participation ! Ainsi les jeunes, appelés casseurs, n'ont pas eu d'outil pour savoir quelle place occuper dans ce monde… si ce n'est le rôle de consommateur… Ils sont des cibles par rapport à la publicité et n'existent souvent qu'en consommant. Or, faute de moyens financiers, ils sont exclus de la consommation et la violence sur l'objet (la voiture, la vitrine, ces symboles de la consommation)… illustre bien la colère d'être empêchés d'avoir, alors qu' il leur est dit que c'est la seule manière d'être. C'est pour cela que la culture apporte énormément car elle structure l'individu en donnant des valeurs et en lui dévoilant sa propre valeur…
Enfin la prévention c'est aussi, respecter les parents, car l'humiliation et la honte sont sources de violence et les enfants se donnent souvent pour mission de "réparer" leurs parents... Quel espace donne-t-on aux parents malades, sans emplois, ou étrangers ? Comment sétonner que leurs enfants ne sachent pas comment et où éxister ?
Se relier au monde
Etre solidaire c'est se relier au monde, cela veut dire autant aux humains qu'à la nature ou à notre environnement… L'exclusion est une arme du pouvoir, qui permet d'écarter celui qui gène le fonctionnement établi et c'est un moyen de détruire toutes ses possibilités d'action sur le système, en niant tous ses droits (logement santé éducation,…). Le fait d'être présent sans à priori et sans porter de jugement, de regarder l'autre comme un être humain en reconnaissant la souffrance de celui qui est toujours considéré comme coupable… c'est aussi une forme de solidarité.
En fait, la solidarité c'est vouloir le plus de bonheur possible pour le plus grand nombre. Or les politiques actuelles du gouvernement vont vers le chacun pour soi. Chacun doit trouver sa solution… ce qui affaibli le lien social. Du chacun pour soi ou des peurs on passe au repli, à l'absence du lien social et de solidarité… Cela ne donne plus l'occasion de faire naître une réflexion collective. L'ambiance générale est à la culpabilisation, on cultive la honte et criminalise toute la population fragile, laissée en marge… on arrive même à casser la solidarité au sein même de la cellule familiale. Les enfants pouvant parfois eux-mêmes "rejeter" sur leur parent les a priori de la société …
Certes, investir sur la jeunesse en difficulté est un pari plus difficile pour les pouvoirs publics : on prévoit plus difficilement les résultats que dans les financements pour le troisième âge… Mais il faut tout faire pour maintenir les liens ou une passerelle/ouverture entre cette population en difficulté et le reste de la société.
Permettre à ces jeunes de vivre au sein de la société, est risqué pour le politique, qui n'ayant plus l'opportunité de sanctionner leurs exactions, sera dans l'obligation de les considérer comme des interlocuteurs. Si les anciens sont les messagers de notre histoire, les jeunes en sont porteurs et
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