Syndicalisme et identité

par Frédéric Canton
Hendaye offre de bons exemples de respect et d’actions unitaires.
A mon avis, le militant passe d'abord par la syndicalisation ; et en général, on se syndique à son travail.
Le choix du syndicat dépend de plusieurs critères :
* Y a-t-il un ou des syndicats dans mon entreprise ?
* Et s'il n'y en a pas, lequel vais-je créer ?
Ces deux interrogations déterminent très souvent son choix.
Il est plus facile d'adhérer à une structure déjà existante.
Je rajouterai que les syndicats français sont plus représentés que les syndicats basques en Iparralde, alors qu'en Hegoalde la situation est différente. Le rapport de force des syndicats basques est plus important.
Observer et choisir
Dans mon entreprise, à Hendaye, il y avait déjà 4 syndicats français.
Je n'ai donc pas ressenti le besoin d'al-ler voir ailleurs.
Après plusieurs mois d'observation, mon choix c'est porté sur la CGT : un syndicat représentatif au niveau français, qui me semblait plus proche de mes idées, et plus encore, un syndicat de terrain.
Petit à petit, je me suis fait ma place et je suis devenu un jeune représentant des salariés puisque je me suis présenté aux élections dans l'entreprise.
S’impliquer
En même temps, mon attachement au Pays Basque et à ses valeurs, m'ont permis de me rapprocher du milieu abertzale par le biais d'AEK, de la musique ou encore des gaztetxes.
Il faut dire que je ne suis pas euskaldun. Etant natif du Béarn j'ai ressenti le besoin de m'imprégner de l'euskara.
D’autre part, j’ai eu des contacts personnels avec des militants du syndicat LAB avec qui nous avons débattu syndicalisme et identité.
Nous avions des revendications et des idées communes, mais malgré tout, avec des notions syndicales plus importantes que des notions identitaires, je me suis trouvé à ma place à la CGT.
Je ne me considère pas comme un abertzale pur et dur mais sans aucun doute pour un proche. Seulement, l'internationalisme a pris le dessus.
Je ne veux pas opposer les questions syndicales et identitaires, mais il est difficile de construire dans l'unité, puisque très souvent elle se fait sur des compromis.
Respect et actions unitaires
D'ailleurs, au sein de mon syndicat, les avis divergent, voir s'opposent sur les questions basques. Heureusement, j'ai de bons exemples de respect et d'actions unitaires sur Hendaye, où les choses sont beaucoup plus simples entre syndicats.
Après être devenu militant syndical, j'ai pris des responsabilités dans ma profession : la Métallurgie.
Mon combat, c'est un monde plus juste, un monde sans pauvre et un monde sans misère.
Pour ça il faut que les forces syndicales de salariés soient plus importantes.
Alors moi, je me pose une autre question : Pourquoi les salariés ne se syndiquent pas plus, que ce soit dans un syndicat basque ou français ?