La taxe sinon rien

Publié le par Alda


“Il faudra accepter des petits désagréments volontaires
si nous ne voulons pas de gros ennuis involontaires”



Suite de l’analyse sur la taxe sur les carburants de J.-M. Jancovici, expert dans le domaine des émissions de Gaz à Effet de Serre.
Il est parfaitement légitime, quand on passe sa journée sur un tracteur sous la pluie, ou sur un bateau l'hiver, pour un salaire en général inférieur à celui de quelqu'un confortablement assis dans un bu-reau bien chauffé, de considérer que le gouvernement "doit faire" quelque chose pour aider ces professions, qui consomment beaucoup de carburants, quand les prix montent.

Privilégier l’anesthésie sans traitement

Mais sachant que ces carburants vont devenir de plus en plus chers en l'espace d'une génération, et donc qu'il va falloir s'adapter de toute façon, ne devrait-on pas aider ces professions autrement qu'en leur détaxant les carburants, ce qui est clairement privilégier l'anesthésie sans traitement, en leur permettant d'oublier temporairement qu'il faudra s'adapter de toutes façons à une énergie plus chère ?
Plutôt que de baisser le prix du pétrole qu'ils consomment, ce qui ne les encourage pas à se prémunir contre une évolution inéluctable à cause de la raréfaction des combustibles fossiles, ou de l'entrée en vigueur d'une "taxe carbone", et donc à réorienter leurs activités pour devenir moins dépendants des carburants (ce qui, ne nous voilons pas la face, conduira à une production moindre avec des prix plus élevés, mais c'est ce qu'il faut accepter comme petits désagréments volontaires si nous ne voulons pas de gros ennuis involontaires), on ferait bien mieux d'obliger les clients de ces professions à accepter les hausses de prix qui en résultent. (...)

Discours démagogique
Evidemment, cela oblige à rompre un peu avec le discours démagogique sur la baisse des prix et la hausse de la consommation, qui seraient des évolutions dues pour l'éternité, alors que la physique s'y oppose. Tout ce que cela engendre comme résultat, c'est juste que la population est persuadée que le monde est infini, ce qui rend à l'évidence le problème énergético-climatique plus ardu à résoudre.

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